synopsis

Natalia et Carlos sont deux jeunes amoureux de 20 ans qui se battent pour survivre dans l’Espagne actuelle. Leurs ressources limitées les empêchent d’évoluer comme ils le souhaiteraient. Ils n’ont pas de grandes ambitions parce qu’ils n’abritent pas de grandes espérances. Pour gagner un peu d’argent, ils décident de tourner un film porno amateur. La naissance de leur fille, Julia, sera le principal moteur de leurs changements.


prix et festivals

IFF Cannes 2014 - Un Certain Regard - Mención Especial Jurado Ecuménico

“Raconter cette histoire avec une certaine immédiateté constituait l’un de nos principaux défis. Cela a été un processus très court et terriblement intense.”

Note de production

Bárbara Díez, productrice exécutive

HERMOSA JUVENTUD (LA BELLE JEUNESSE) est un projet qui nait du besoin d’aller à la rencontre de cette jeunesse dans l’Espagne où nous vivons actuellement et qui, en possession d’une plus ou moins bonne préparation, sans expérience, se retrouvent face à un avenir aux opportunités limitées … Bien sûr, il existe différentes jeunesses et de différentes réalités… En ce qui nous concerne, nous nous sommes axés sur une jeunesse au point mort, qui a une vision si sombre de son avenir qu’elle ne trouve pas l’impulsion pour changer quoi que ce soit et s’adapte à ses circonstances.

Raconter cette histoire avec une certaine immédiateté constituait l’un de nos principaux défis. Cela a été un processus très court et terriblement intense. Quand nous avons commencé à le développer, nous pensions que le casting du film devait se faire avec des acteurs non professionnels. À mesure que nous avancions, nous nous sommes rendu compte que nous n’allions pas dans la bonne direction. Nous avons rectifié le cap et avons repris la recherche mais là, d’acteurs professionnels.

Le temps consacré à ce casting de non professionnel n’a pas représenté une perte de temps. Cela nous a permis de rentrer en contact avec un groupe de jeunes qui nous a aidés à terminer de préparer le film grâce à l’apport de leur propre vécu. C’est d’ailleurs là que nous nous sommes rendu compte de l’authenticité de cette phrase si rebattue : « la réalité dépasse la fiction ». Les histoires qu’ils nous racontaient étaient beaucoup plus dures, extraordinaires et incroyables que celles que nous avions envisagées dans le scénario. Beaucoup de garçons et filles que nous avons interviewés ont fini par participer au film comme « les amis » et nous ont offert une valeur ajoutée de réalité et de naturel.

Quant à l’organisation de la production, travailler avec une nouvelle équipe formée de techniciens qui en sont, pour la plupart, à leur début, a constitué une nouveauté importante. Un mélange de facteurs est à l’origine de cette idée : compter sur un minimum de ressources, la recherche d’un modèle différent de faire les choses et absorber également cette énergie et la motivation propre aux personnes qui débutent plein d’illusion. Cette décision a été difficile à prendre en raison du risque artistique que supposait le fait d’Toutes ces personnes n’ont pas ménagé leur peine. Et toutes ont laissé une empreinte dans le film. Que ce soit devant ou derrière la caméra. Cela a été un film d’opportunités et d’énormes efforts, avec peu de moyens, mais de grande valeur de production à un moment où les modèles sont en train de changer et où il faut bien réfléchir à la façon dont on fait les choses. Nous ne prétendons pas que cela soit la seule manière, cela ne l’est probablement pas. Nous sommes dans une période de transition où chacun essaie de s’en sortir comme il peut, mais où il faut continuer à aller de l’avant en faisant des choses et, à la fois, réfléchir à ce qu’on fait.

 

"... nous pensions que le casting du film devait se faire avec des acteurs non professionnels. À mesure que nous avancions, nous nous sommes rendu compte que nous n’allions pas dans la bonne direction."


"... n’a pas représenté une perte de temps. Cela nous a permis de rentrer en contact avec un groupe de jeunes qui nous a aidés à terminer de préparer le film grâce à l’apport de leur propre vécu.
... Les histoires qu’ils nous racontaient étaient beaucoup plus dures, extraordinaires et incroyables que celles que nous avions envisagées dans le scénario."

 

liste artistique - technique

Natalia
Carlos
Dolores
Raúl
Pedro
Rosa
Germán
Ingrid García-Jonsson
Carlos Rodríguez
Inma Nieto
Fernando Barona
Juanma Calderón
Patricia Mendy
Miguel Guardiola
 
Réalisateur
Scénario
Producteurs


Productrice exécutive
Producteur associé
Chef operateur
Director de fotografía
Chef décoratrice
Casting



Son
Montage
Costumes
Assistant réalisateur
Pièces smartphones
Effets visuels
Jaime Rosales
Jaime Rosales / Enric Rufas
Jaime Rosales
José María Morales
Jérôme Dopffer
Bárbara Díez
Miguel Morales
Bárbara Díez
Pau Esteve Birba
Victoria Páz Álvarez
Arantza Vélez
Ana Sainz Trápaga
Patricia Álvarez De Miranda
Flavia Santos
Nicolas Tsabertidis
Lucía Casal
Beatriz Robledo
Federico Untermann
Violeta Salama
Alejo Serra
 

données techniques

Format de tournage: 16mm couleur et vidéo
Format de projection: DCP Scope (1:2’35)
Repérages: Madrid (Espagne) et Hambourg (Allemagne)
Durée: 103 min.
Langue: Espagnol
Année de production: 2014

Sociétés de production: Fresdeval Films (Espagne), Wanda Vision (Espagne), Les Productions Balthazar (France)

 


 

“Dans ce film, Ingrid a été fondamentale. Pas seulement parce qu’elle est l’actrice principale, mais aussi parce qu’Ingrid a donné le ton interprétatif à tous les autres. Ce n’était pas n’importe quel musicien de l’orchestre, c’était le musicien qui donnait le « la » à tous les autres interprètes.”

Note du réalisateur

Jaime Rosales

Ingrid García-Jonsson

Dans ce film, Ingrid a été fondamentale. Pas seulement parce qu’elle est l’actrice principale, mais aussi parce qu’Ingrid a donné le ton interprétatif à tous les autres. Ce n’était pas n’importe quel musicien de l’orchestre, c’était le musicien qui donnait le « la » à tous les autres interprètes.

Pour interpréter le personnage de Natalia, je cherchais une actrice qui possède un vaste spectre interprétatif. Une actrice de caractère, qui pourrait donner de nombreuses et différentes nuances au personnage. Quelqu’un de très lumineux, joyeux, sympathique, mais possédant un côté dur, déterminé et décidé. Il fallait qu’elle ait un côté naïf et, à la fois, un côté mûr. C’est très difficile de trouver ces attributs chez une même personne. Créer de façon vraie des pôles aussi opposés est très compliqué pour n’importe quelle actrice. Ingrid possède une technique très intuitive. Elle a un énorme talent naturel. On dirait qu’elle n’a aucune difficulté à jouer, parce qu’elle est très sûre d’elle. Heureusement, elle ne se contente pas de mener la scène à bien, elle cherche l’excellence, et à donner le maximum d’elle-même.

Pour le personnage de Natalia, je cherchais une actrice qui, mis à part le fait que ce soit une grande interprète, elle ait un physique particulier. Je cherchais un visage lumineux. Une beauté atypique sans être pour autant exotique. Capable de se montrer belle et moins belle. Les belles femmes sont souvent prisonnières de leur beauté. Ingrid n’a ni complexes ni manies. Elle n’est pas tout le temps en train de penser à son physique. Ça lui est égal. C’est pour cela qu’elle ose prendre des risques. Se lancer sans filet dès qu’il le faut. Elle s’exige beaucoup et donne beaucoup au film. Mais elle est aussi très exigeante avec l’équipe et avec le réalisateur. Elle m’a fréquemment mis à l’épreuve. Il me semblait juste qu’elle m’exige si j’avais été exigeant avec elle.

Dans mes films, je cherche toujours des acteurs qui ressemblent beaucoup à leurs personnages. Puis, pour augmenter l’effet naturel, je rapproche plus encore le personnage à l’acteur. Dans le cas d’Ingrid, il s’est agi d’une exception. Elle est très différente à Natalia. Sa vie n’a rien à voir avec celle de son personnage. Ingrid est une femme cultivée, sophistiquée et indépendante. Une femme qui a fait des études d’architecture et qui vit seule depuis l’âge de 16 ans. Le personnage de Natalia est le résultat d’une construction très laborieuse et précise de sa part.

 

"Je cherchais un visage lumineux. Une beauté atypique sans être pour autant exotique. Capable de se montrer belle et moins belle. Les belles femmes sont souvent prisonnières de leur beauté. Ingrid n’a ni complexes ni manies. Elle n’est pas tout le temps en train de penser à son physique. Ça lui est égal."

les images

Le film combine des images réalisées par l’équipe de tournage en négatif 16mm avec des images des acteurs captées par eux-mêmes avec leurs propres appareils de type amateur (mini-DV/smartphone/web-cam). 80% des images correspondent à l’équipe de tournage, tandis que les images captées au moyen de dispositifs amateur représentent 20% du métrage total.

Dans un monde inondé par la production et la consommation d’images en tout genre, le film, s’il prétendait montrer minutieusement cette réalité ne pouvait rester en marge des formats, lieux et formes de production et de consommation de ces images. Chaque technologie impose une distance psychologique. C’est la distance de celui qui observe sur celui qui est observé. Dans ce film, il y a quelques scènes où cette distance est nulle, l’acteur lui-même étant celui qui la produit (observateur et observé se confondent).


 

16mm

Je n’avais pas tourné en 16mm depuis l’école de cinéma. J’ai toujours été réticent au 16mm par rapport au 35mm car à la fin, il fallait le gonfler et ce qu’on économisait en négatif et en développement finissait par se payer au laboratoire. Actuellement, le processus se terminant sur un DCP pour la distribution, les choses ont changé. Que ce soit en 35mm ou en 16mm, il faut scanner. L’économie du 16mm comparé au 35 mm est maintenant considérable. Mis à part les économies, tout le matériel de caméra en 16mm est beaucoup plus léger que le 35mm. Il permet de tourner avec plus d’agilité, sans perdre autant de temps. D’autre part, si nous comparons le 16mm au numérique, le 16mm a la texture du photochimique que moi, j’aime. Une texture qui imprime des restes de vie et d’émotion aux images. Un grain plus beau, très véridique. Beaucoup plus chaud que le numérique. Son rendu de couleur est aussi celui que j’aime : des couleurs moins saturées et brillantes que le numérique. En définitive, il me semble qu’il a tous les avantages du 35mm et tous ceux du numérique sans tomber dans les inconvénients de l’un et de l’autre. C’est un outil parfait.

le matériel optique

Quant à l’emploi de matériel optique, pour la première fois, j’ai utilisé une grande variété de focales. Jusqu’à présent, dans mes films, je n’avais utilisé qu’un seul objectif (un 50mm ou dans certains cas, deux objectifs, un 50mm et un 40mm, mais toujours des objectifs normaux) Dans ce film, j’ai rompu avec cette austérité formelle. Nous avons utilisé depuis des objectifs télé jusqu’aux grands angles. Toujours caméra à la main. Pour essayer de donner du dynamisme et une tension dramatique au cadrage.

le son

Le son, comme dans mes films précédents, s’est articulé autour du son direct des dialogues. Chaque prise exigeait une nouvelle improvisation, la recherche de la part des acteurs de nouveaux mots pour que chaque moment se perçoive comme à la première prise, comme la seule prise possible. Le doublage a été écarté. La recherche du maximum de réalisme implique le respect pour les tons de voix qui surgissent spontanément. Nous ne nous autorisions pas la répétition des mêmes mots, des mêmes gestes, ni au tournage, ni au doublage. Tout a été créé sur le moment. Les voix, avec leurs hésitations et leurs imprécisions, font partie de cette création spontanée irremplaçable.

 

Bio-filmografía

Jaime Rosales, réalisateur et scénariste

Barcelone, 1970

Après avoir suivi des études de commerce à ESADE, une bourse, qui constituera l’impulsion décisive à sa formation cinématographique, lui est accordée en 1996, pour étudier le cinéma au sein de la prestigieuse École Internationale de Cinéma et Télévision de San Antonio de los Baños (EICTV), à la Havane, puis à l’Australian Film Television and Radio School (AFTRS) à Sydney. Avec sa maison de production Fresdeval Films, depuis l’année 2000, il a développé la totalité de ses projets comme réalisateur. Ses films parlent de notre incapacité à communiquer, de la complexité de l’univers familial et de l’irruption imprévue de la violence dans la vie quotidienne. Infatigable explorateur des possibilités que peut offrir le support audiovisuel, les films de Jaime Rosales reflètent le grand intérêt du réalisateur pour trouver de nouvelles formes expressives éloignées des conventions habituelles du langage cinématographique.

Il a donné des cours, exposés et conférences dans de nombreuses universités, écoles de cinéma et centres d’art. Ses collaborations et participations ont eu lieu, entre autres : au Musée du Prado, Caixa Forum, Fondation Picasso de Malaga, Musée Reina Sofia, Centre Georges Pompidou, Musée Artium Vitoria, CCCB de Barcelone, Université Pompeu Fabra, ECAM, EICTV, ESADE, New York University, Université de Lyon, IBAFF.

 

filmographie

LES HEURES DU JOUR
Festival de Cannes 2003. Quinzaine des Réalisateurs
Prix FIPRESCI de la critique internationale

LA SOLEDAD
Festival de Cannes 2007. Un Certain Regard
Goya au Meilleur Film, Meilleur réalisateur, Meilleur Espoir Masculin

UN TIR DANS LA TÊTE
Festival de San Sébastian 2008 : En compétition
Prix FIPRESCI de la critique internationale

RÊVE ET SILENCE
Festival de Cannes 2012. Quinzaine des Réalisateurs

imagen del cartel La Soledad

PHOTOS
Marino Scandurra

WEB
Cristina Hernanz
lakalma.com